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Insuffler la vie
grâce à un dispositif de ventilation automatisée

En 2014, alors qu’il mène des recherches sur la ventilation cardio-pulmonaire, Jean-Christophe Richard, Professeur de Réanimation, entre chez Air Liquide Medical Systems (filiale équipements médicaux d’Air Liquide Healthcare) comme Directeur Médical, tout en gardant un pied dans la recherche. Il y développe CPV (Cardio-Pulmonary Ventilation), une solution novatrice de ventilation automatisée, dédiée à la réanimation lors d’un arrêt cardiaque. Il a une conviction : « Pour innover et répondre aux besoins des patients, il faut savoir sortir des sentiers battus, se remettre en question pour avancer ».

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots CPV (Cardio-Pulmonary Ventilation) que vous avez développé chez Air Liquide ?

Il s’agit d’une solution dédiée à la réanimation cardio-pulmonaire implantée sur un ventilateur. C’est un dispositif inédit qui facilite la prise en charge des victimes dans la mesure où il est totalement automatisé et compatible avec le massage cardiaque. Il réduit donc les risques de l’intervention et libère les mains du praticien, qui peut alors se concentrer sur la coordination de son équipe, la gestion du patient et de sa famille. La ventilation mécanique traditionnelle, elle, s’oppose au massage cardiaque et peut donc être potentiellement dangereuse.

En quoi est-ce une avancée médicale majeure ?

En France, pour 100 arrêts cardiaques, il n'y a que 5 personnes qui survivent sans séquelles. Or, les experts s’accordent à dire que la ventilation a une incidence importante sur  la survie. De plus, CPV change les pratiques médicales actuelles car il va dans le sens de la simplification et de l’efficacité en matière de réanimation cardio-pulmonaire. Il répond à la fois à un besoin des patients et des soignants. En cela, il constitue une avancée majeure.

Si la solution  médicale est novatrice, la manière dont nous l'avons développée l'est également. Avec Air Liquide Medical Systems (ALMS), nous avons mis en place un contrat particulier qui m’autorise à continuer à travailler en lien avec la communauté des chercheurs. Ce réseau international et cette approche terrain m'ont permis de mieux comprendre les grandes directions de la recherche. Ce type de fonctionnement est assez nouveau. Il fallait oser et ALMS m’accorde une autonomie qui me permet de proposer des initiatives de ce type. Pour la mise au point du projet, il y a eu des échanges constants entre le service Recherche et Développement d’ALMS et les tests sur le terrain, dans le service d’urgence du Centre hospitalier Annecy Genevois, partenaire du projet. Ce processus de développement en partenariat nous a permis d’être agiles, réactifs, efficaces et d’améliorer notre projet au fur et à mesure.

En France, pour 100 arrêts cardiaques, il n'y a que 5 personnes qui survivent sans séquelles

Avez-vous rencontré des défis particuliers au cours de ce projet ?

Oui, tous les jours ! C’est la vie de l’entreprise, de la recherche, des soins. Tout d'abord, en tant qu’entreprise, le défi est de toujours rester centré sur les besoins des malades afin de proposer des solutions les plus concrètes possibles. En cela ALMS m’a toujours suivi. Ensuite, sur le terrain, ce type d’innovation est très bien accueillie par les soignants mais elle nécessite que ces derniers revoient leur pratique. C'est un autre défi. D’où la nécessité qu’ils s’approprient facilement l’innovation ! Notre credo a toujours été de leur simplifier la vie.

Pour vous donner un exemple précis, nous avons différé la commercialisation de quelques semaines car après de multiples observations, nous avons remarqué qu’il existait un comportement physiologique particulier de ces malades. Ces observations ont donné lieu à des articles scientifiques qui ont eu un écho à l’international. Si l’entreprise n’avait pas soutenu cette démarche, nous serions passés à côté.

En quoi votre mission illustre-t-elle l’esprit pionnier propre à Air Liquide ?

Pour innover et répondre aux besoins des patients, il faut savoir sortir des sentiers battus, se remettre en question pour avancer. Suivre sa feuille de route mais sans œillère, en acceptant de se remettre en question et en restant attentif aux observations. C’est souvent comme cela que les grandes avancées en médecine ont eu lieu. C’est parfois compliqué pour les entreprises car il y a des enjeux financiers, de ressources et de compétences, mais ALMS a toujours soutenu cette approche, ce qui a été moteur dans le projet.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?

L'importance de prendre en compte le besoin des patients et l'approche terrain ! Beaucoup d’entreprises sont capables d’innover. La question est de savoir pourquoi on innove. Innover pour innover est à mon sens une mauvaise attitude. Dans le cadre de ce projet, il s’agissait avant tout de résoudre un problème, de répondre à un besoin des soignants et des patients. Pour Air Liquide, CPV est un succès commercial qui a permis de propulser le Groupe au rang de leader de la ventilation médicale mais c'est aussi et surtout un dispositif qui a permis d'améliorer le quotidien des malades, des familles et des soignants. Répondre à leurs besoins est une valeur vertueuse non négociable chez ALMS.


Cette interview entre dans le cadre d’une série de cinq interviews d’esprits pionniers d’Air Liquide, ces collaborateurs qui font avancer le Groupe et contribuent à construire le monde de demain.

Article publié le 24 octobre 2018