« Plus la teneur en CO₂ est élevée, plus le captage sera efficace »

Publié le 13 avril 2026

3 minutes

De la concentration des fumées au choix de l'énergie, les paramètres qui déterminent la viabilité d'un projet de captage et séquestration du carbone sont multiples. Guillaume Rodrigues, Directeur ligne de produits CO₂ chez Air Liquide Ingénierie et Technologies, détaille les critères clés et explique comment la gamme Cryocap™ s'adapte à chaque source d'émissions industrielles.

Que recouvre une chaîne de captage et séquestration du carbone (CCS) ?

Guillaume Rodrigues : Une chaîne CCS couvre quatre étapes : le captage et la mise aux spécifications (purification) du CO₂ sur site industriel, le transport, en phase gazeuse ou liquide, puis sa séquestration dans des formations géologiques adaptées. Selon les projets, notre périmètre d’action va de l’unité de captage seule jusqu’à une solution incluant la liquéfaction. Air Liquide s’appuie sur des partenaires pour l’injection et la séquestration.

Quels critères déterminent si un projet de captage est compétitif ?

Deux paramètres sont déterminants. D’abord, la concentration en carbone : plus elle est élevée, plus le captage sera efficace. Par exemple, la teneur en CO₂ des fumées atteint 15 à 30 % en cimenterie, quand elle est inférieure à 5 % sur une centrale à gaz. Ce qui rend la capture sur cette dernière peu économique. Ensuite, l’énergie : sa disponibilité, son empreinte carbone et son coût sont cruciaux.

Pour garantir la viabilité économique et écologique du projet, nous privilégions l’utilisation d’électricité décarbonée ou la récupération de la chaleur produite par le site industriel. L’objectif est ainsi de capter jusqu’à 98 % du CO₂ émis aux bornes de l’unité de captage.

Comment concevez-vous des solutions de captage capables de s’adapter à différents sites industriels ?

Il n’existe pas de technologie unique capable de répondre à tous les besoins, mais une approche adaptée à chaque source d’émissions. On part toujours de la teneur en CO₂ du gaz à traiter pour sélectionner la brique technologique adéquate au sein de notre gamme Cryocap™ : la version FG est adaptée aux fumées industrielles (15 à 50 % de CO₂), OXY aux gaz très riches en carbone (au-delà de 50 %) et Cryocap H2 aux gaz issus des procédés de production d’hydrogène. Ensuite, nous dimensionnons l’unité au cas par cas pour capter jusqu’à 98 % du CO₂ physiquement présent dans le gaz à traiter.

La performance réelle se mesure quant à elle en termes de CO₂ évité, en tenant compte de l’empreinte carbone de l’énergie consommée. Enfin, l’adaptabilité concerne aussi les impuretés présentes dans chaque source : nos équipes R&D et Ingénierie identifient ces composés spécifiques pour les traiter de manière adaptée et compétitive.