Découvrez le webinaire BoursoLive : Associer les actionnaires individuels aux promesses de l’IA
Publié le 01 juillet 2026
1 minute
Comment concilier croissance durable, stratégie actionnariale et révolution technologique ?
Le lundi 29 juin, nos experts ont pris la parole lors du salon 100 % digital BoursoLive pour décrypter la manière dont l’Intelligence Artificielle s'intègre aujourd'hui au service du développement d'Air Liquide.
Si vous n'avez pas pu suivre la diffusion en direct, la session est désormais accessible dans son intégralité en vidéo.
Laurent Grassin : Bonjour à toutes et à tous, merci de nous retrouver pour cette dernière webconférence de la première journée des BoursoLive. On se retrouve pour la prochaine demi-heure avec Air Liquide, valeur chouchou des investisseurs particuliers. Nous allons voir justement comment l'intelligence artificielle s'intègre dans un groupe industriel plus que centenaire, et ce que cela change concrètement dans les différents domaines de son activité : le métier, l'innovation ou encore la relation client. Surtout, nous évoquerons avec mes deux invités comment cette transformation va créer de la croissance et de la valeur sur le long terme, et comment Air Liquide va associer les actionnaires individuels à cette nouvelle page de son histoire, eux qui occupent depuis toujours une place particulière dans le groupe. Pour en parler avec moi aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Anne-Sophie Richard, directrice de la relation investisseurs individuels. Bonjour Anne-Sophie.
Anne-Sophie Richard : Bonjour Laurent.
Laurent Grassin : Et à ses côtés, Amaury de Menonville, directeur du programme AI Acceleration chez Air Liquide. Bonjour Amaury.
Amaury de Menonville : Bonjour Laurent.
Laurent Grassin : L'activité d'Air Liquide c'est toujours, avant même qu'on parle d'intelligence artificielle, Anne-Sophie, intéressant et important de rappeler à la fois la diversité et la profondeur des métiers du groupe. C'est une valeur star des investisseurs particuliers donc beaucoup la connaissent, mais pour celles et ceux qui découvriraient la société pour la première fois, pouvez-vous rappeler ce que fait Air Liquide dans ses différentes dimensions ?
Anne-Sophie Richard : Absolument. Effectivement, en général Air Liquide est connu pour être un placement de bon père de famille, mais son business model reste moins connu. C'est ce que je vous propose de découvrir en quelques mots. Air Liquide, c'est un des leaders mondiaux dans la fabrication et la distribution de gaz pour l'industrie et pour la santé. C'est un groupe qui a réalisé près de 27 milliards d'euros de chiffre d'affaires à fin 2025, et qui compte près de 65 000 collaborateurs dans plus de 60 pays. Donc véritablement…
Laurent Grassin : Une présence internationale hyper forte.
Anne-Sophie Richard : Absolument. Et pour rentrer un peu plus dans le détail de ce que fait concrètement Air Liquide, il faut savoir qu'on le retrouve partout dans notre vie quotidienne.
Laurent Grassin : C'est vrai, parce que lorsqu'on entend "gaz industriel", on se demande souvent à quoi cela correspond concrètement.
Anne-Sophie Richard : On le retrouve en fait dans une multitude d'usages et d'applications au quotidien. Je vous propose de repartir des quatre principales branches d'activité d'Air Liquide pour mieux le comprendre. La première et principale branche d'activité du groupe, c'est ce qu'on appelle la grande industrie. C'est en quelque sorte le cœur industriel du groupe, le cœur du réacteur. Le groupe construit de véritables usines à côté de nos gros clients industriels. Ces derniers ont un tel besoin de gaz pour leur propre production que nous installons des unités de production directement à côté de leurs usines pour leur fournir notamment l'oxygène, l'azote ou l'hydrogène.
Laurent Grassin : Sur le site de production directement.
Anne-Sophie Richard : Absolument. Et nous les approvisionnons en gaz au travers de canalisations. Air Liquide possède plus de 10 000 kilomètres de canalisations à travers le monde. Ce sont de gros clients industriels, quelques centaines seulement, qui opèrent principalement dans la chimie, la raffinerie et la sidérurgie. C'est vraiment le cœur de notre activité.
Autour de cette grande industrie, nous avons ce qu'on appelle l'industriel marchand, et c'est là où on retrouve Air Liquide au quotidien, puisque nous livrons le gaz sous une forme plus légère, soit via des stockages plus petits, soit par bouteilles, à des clients très divers répartis dans le monde entier. Cette branche représente plus de 2 millions de clients. On y retrouve l'artisan soudeur, les entreprises de construction, l'agroalimentaire pour surgeler les aliments, les embouteilleurs de sodas, l'industrie du verre... C'est une immense diversité de clients répartis dans le monde entier. Cela fait la force et la résilience du groupe, puisque notre activité ne dépend pas d'un seul secteur ni d'une seule région.
En troisième branche d'activité, nous avons la santé, avec la fabrication et la livraison de l'oxygène médical à l'hôpital.
Laurent Grassin : C'est un secteur capital.
Anne-Sophie Richard : Exactement. C'est une activité qui s'est beaucoup développée et diversifiée, notamment dans la prise en charge de patients à domicile, qu'il s'agisse de patients souffrant de pathologies respiratoires ou d'autres maladies chroniques comme le diabète.
Enfin, nous avons l'électronique, dont nous allons parler juste après en lien avec l'intelligence artificielle. L'électronique représente près de 10 % de notre chiffre d'affaires et connaît en ce moment une croissance impressionnante avec la fabrication des semi-conducteurs, pour lesquels Air Liquide produit et livre des gaz de haute spécialité.
Laurent Grassin : Pouvez-vous m'en dire plus là-dessus ? Je pense notamment à un accord qui a été annoncé récemment avec un des géants du secteur, le sud-coréen SK Hynix. En quoi Air Liquide apporte des solutions ou des produits indispensables à l'essor de l'intelligence artificielle ?
Anne-Sophie Richard : Air Liquide est une entreprise plus que centenaire — nous allons fêter nos 125 ans l'année prochaine — mais elle a toujours su accompagner les grandes transformations technologiques. Aujourd'hui, nous soutenons la révolution numérique au travers du volet industriel. Pour développer l'intelligence artificielle, il faut des semi-conducteurs que l'on retrouve dans les écrans, les ordinateurs, les smartphones, les serveurs ou les centres de données. Pour produire ces semi-conducteurs, les industriels ont besoin de gaz de très haute pureté et de gaz vecteurs très spécifiques que nous sommes capables de produire et de livrer, en particulier en Asie. C'est pourquoi nous avons annoncé un certain nombre d'investissements majeurs…
Laurent Grassin : Oui, et il y en a d'autres.
Anne-Sophie Richard : Tout à fait, en Asie récemment. Nous avons notamment acquis la société Digital Air Gas en Corée du Sud au début de l'année 2026. Nous avons également investi au Japon et chez SK Hynix. Ce sont des investissements majeurs pour accompagner cette transformation numérique et la production de puces électroniques.
Laurent Grassin : Air Liquide s'impose donc comme un acteur indispensable de la transformation numérique. On va boucler la boucle avec vous, Amaury. Nous avons posé les bases sur la diversité des métiers d'Air Liquide, notamment sur cet aspect technologique. Intéressons-nous maintenant à l'intelligence artificielle : où en est-on aujourd'hui dans le déploiement de cette technologie au sein d'Air Liquide ? Sommes-nous dans une phase de déploiement à grande échelle ?
Amaury de Menonville : Tout à fait. Nous ne sommes plus du tout dans une étape de test ou de projets réservés à des experts. L'IA est devenue l'outil quotidien de nos collaborateurs. L'histoire d'Air Liquide avec l'intelligence artificielle a commencé il y a déjà 25 ans.
Laurent Grassin : 25 ans ? Alors que le grand public en parle surtout depuis deux ou trois ans.
Amaury de Menonville : Voilà. C'est l'intelligence artificielle dite traditionnelle ou classique qui est déjà très intégrée dans nos activités. Cette IA est très opérationnelle : c'est elle qui nous aide à optimiser nos usines, nos flottes de camions ou le volume de liquide que nous produisons.
La deuxième phase, c'est celle de l'intelligence artificielle générative, dont tout le monde parle aujourd'hui et dont nous nous sommes emparés également. Le potentiel de transformation de cette nouvelle vague d'IA nous a poussés à revoir notre organisation et notre feuille de route. Nous l'avons structurée en trois piliers très concrets.
Le premier pilier consiste à créer de nouvelles habitudes pour tous nos employés. Début 2025, nous avons pris la décision de fournir des outils d'IA générative intégrés directement dans leur environnement bureautique (les e-mails, les calendriers, la gestion de dossiers) à l'ensemble de nos collaborateurs.
Laurent Grassin : Tout le monde aujourd'hui chez Air Liquide est équipé en IA ?
Amaury de Menonville : Oui, équipé en IA intégrée dans sa bureautique quotidienne. Ce n'est pas juste un chatbot séparé. Depuis le début de l'année 2025, nous accompagnons nos employés dans cette transformation grâce à un réseau de "champions de l'IA" locaux. Ils dispensent des formations et aident les équipes à s'approprier l'outil. Nous avons déjà réalisé environ 140 000 formations.
Laurent Grassin : Vous avez raison, équiper les équipes ne suffit pas, il faut aussi leur apprendre à apprivoiser et utiliser l'outil.
Amaury de Menonville : Exactement. Et aujourd'hui, cela fonctionne très bien : plus de la moitié de nos collaborateurs ont adopté ces nouvelles manières de travailler et ces nouveaux outils. Ça, c'est notre premier pilier.
Le deuxième pilier est la transformation de nos processus. On voit que le potentiel apporté par l'IA générative vient démultiplier ce qu'on avait pu faire avec l'IA traditionnelle. On peut donc revoir en profondeur certains de nos processus clés pour les transformer.
Notre troisième pilier, à plus long terme, s'attache à bâtir un avantage compétitif durable. On ne parle pas ici d'une simple amélioration de la productivité, mais d'exploiter le potentiel disruptif de l'IA générative, par exemple appliquée à notre recherche et développement.
Laurent Grassin : C'est très intéressant. Y a-t-il déjà des cas pratiques à nous partager sur la façon dont l'IA traditionnelle et l'IA générative changent la donne chez Air Liquide ?
Amaury de Menonville : Bien sûr. Je vais prendre trois exemples dans des domaines très différents. Dans les opérations d'abord, notre cœur de métier. L'IA y est très opérationnelle. Concrètement, nous avons un système d'outils qui nous permet d'analyser les consommations passées de nos clients pour prévoir avec précision leurs consommations à venir. Cela nous permet d'anticiper ce que nous devons produire, d'optimiser les usines requises, de définir les volumes et d'optimiser le système de livraison et les trajets des camions.
Laurent Grassin : C'est une optimisation en temps réel du flux et de la production.
Amaury de Menonville : Exactement. Et tout cela en s'ancrant dans le réel : les capacités de production, les aléas, et les facteurs externes comme les coûts de l'énergie qui sont très volatils.
Dans la santé, ensuite, où nous suivons environ 2 millions de patients, l'IA a des applications très humaines. Par exemple, pour nos patients souffrant d'apnée du sommeil, nous utilisons l'IA pour détecter ceux pour qui le suivi du traitement commence à décrocher.
Laurent Grassin : C'est une application concrète et très utile.
Amaury de Menonville : Cela permet à nos professionnels d'intervenir de manière personnalisée et au bon moment pour soutenir ces patients.
Laurent Grassin : En clair, s'ils n'utilisent pas leur machine la nuit, vous le voyez sur la consommation et vous pouvez agir.
Amaury de Menonville : Voilà, cela nous permet d'avoir un suivi beaucoup plus actif. Tout cela relève de l'IA traditionnelle. L'IA générative, quant à elle, vient en support à nos opérateurs dans les centres d'appels téléphoniques pour les aider à mieux répondre aux questions des clients et des patients, afin d'être plus efficaces et d'améliorer leur expérience globale.
Enfin, dans le cadre de la recherche et développement, l'IA générative a complètement chamboulé le cycle de l'innovation.
Laurent Grassin : C'est un point capital.
Amaury de Menonville : Nous sommes en train de sortir du mode pur de test et d'erreur. L'IA agit comme un super assistant qui permet à nos chercheurs de brasser des millions de données pour anticiper et prédire les propriétés de certains matériaux avant même de les fabriquer en laboratoire.
Laurent Grassin : C'est une simulation mais plus poussée et efficace.
Amaury de Menonville : Cela réduit considérablement le temps de l'innovation. Nous testons des matières avec beaucoup plus de certitude. Comme l'innovation est dans l'ADN du groupe — nous sommes fiers d'être dans le top 50 des entreprises européennes les plus innovantes —, nous nous associons aux meilleurs. Nous avons par exemple créé une chaire sur l'intelligence artificielle avec l'École normale supérieure pour rester à la pointe de la recherche.
Laurent Grassin : Il y a une question que nous abordons tout au long de ces BoursoLive, c'est celle du retour sur investissement. Les entreprises consentent à de grosses dépenses pour l'IA, mais les investisseurs, notamment individuels, se demandent ce que cela va rapporter concrètement. De votre côté, comment évaluez-vous les cas d'usage les plus intéressants et comment vous assurez-vous qu'ils répondent aux objectifs fixés ?
Amaury de Menonville : C'est une excellente question, car c'est le grand piège de l'IA aujourd'hui. Les grands groupes commencent à s'en rendre compte.
Laurent Grassin : La tentation de se disperser est en effet très forte.
Amaury de Menonville : À vouloir en mettre un peu partout par effet de mode ou pour l'effet "waouh", on se disperse et les résultats sont décevants. Chez Air Liquide, notre philosophie est claire : nous voulons éviter le saupoudrage. À vouloir tout faire, on ne fait rien jusqu'au bout. Nous avons pris la décision de concentrer 80 % de nos ressources et de nos investissements en IA sur notre cœur de métier.
Laurent Grassin : D'accord.
Amaury de Menonville : C'est-à-dire l'industrie, les ventes, et le service à nos patients ou clients. Dans ces domaines, nous avons mis en place une gouvernance claire pour nous assurer que nous travaillons sur les bons projets. Le sujet n'est pas de trouver des idées, il y en a plein, mais de savoir les sélectionner.
Laurent Grassin : De savoir les choisir, oui.
Amaury de Menonville : Cette gouvernance repose sur trois éléments principaux. Premièrement, les projets doivent être portés par le métier et non par l'informatique.
Laurent Grassin : C'est le métier qui exprime son besoin et guide la transformation.
Amaury de Menonville : Oui, et nous exigeons des sponsors de très haut niveau, soit au niveau du Comex, soit à l'échelon Comex N-1, car l'IA est un sujet stratégique de direction.
Deuxièmement, avant tout déploiement à l'échelle, nous évaluons les projections de bénéfices (réduction de consommation d'énergie, gain de temps sur des tâches complexes, augmentation des ventes). Le sponsor métier s'engage sur ces chiffres, qui sont ensuite intégrés dans le suivi de la performance du groupe.
Enfin, le troisième point est la réplicabilité. On évite les petits sujets isolés qui répondent à un besoin ponctuel mais que nous ne pourrons pas déployer à l'échelle du groupe. Ce sont des sujets qui coûtent cher pour un impact limité.
Laurent Grassin : Il faut une dimension industrialisable.
Amaury de Menonville : Exactement. Si je résume, nous nous concentrons sur notre cœur de métier. C'est là où nous ne pouvons pas louper le virage et là où nous créons le plus de valeur.
Laurent Grassin : Avez-vous déjà arrêté des projets qui ne répondaient pas à vos attentes ?
Amaury de Menonville : Bien sûr. Nous avons un rythme cadencé avec plusieurs phases. Nous investissons progressivement au fur et à mesure que notre compréhension du projet avance. Nous arrêtons ainsi entre 20 et 30 % des projets dès les premières phases. Je pense qu'il est indispensable de savoir s'arrêter. La clé du succès, outre une gouvernance claire, est de rester agile.
Laurent Grassin : Sans dogmatisme, finalement.
Amaury de Menonville : Sans dogmatisme. Le monde évolue tellement vite dans ce domaine qu'il faut être prêt à mettre en pause, changer de direction ou s'adapter.
Laurent Grassin : C'est très clair. Je voudrais vous poser une question que nous n'avons pas encore abordée. Au-delà du potentiel de l'IA et de son déploiement, cela soulève de vraies questions éthiques. Comment Air Liquide prend en considération ces sujets pour concilier l'accélération technologique et une approche responsable, en phase avec l'ADN du groupe ?
Amaury de Menonville : C'est la question clé. Il y a de la valeur, c'est certain.
Laurent Grassin : Oui, nous en sommes tous convaincus.
Amaury de Menonville : Et dans notre cœur de métier, elle est immense. En revanche, l'ADN d'Air Liquide a toujours été fondé sur des valeurs éthiques fortes : sécurité, responsabilité et intégrité. Nous déployons l'IA en restant strictement dans ce cadre. Il n'y a pas de raison d'en déroger sous prétexte qu'il s'agit d'IA. Pour concilier cela, nous avons mis en place une charte de l'IA qui fixe les règles du jeu. Elle est d'ailleurs publique sur notre site pour ceux qui souhaitent la consulter.
Laurent Grassin : C'est une très bonne initiative pour ceux qui veulent savoir comment vous cadrez les choses.
Amaury de Menonville : Elle repose sur trois principes. Premièrement, l'humain reste toujours aux commandes. Face aux inquiétudes légitimes sur l'impact de l'IA sur l'emploi…
Laurent Grassin : On ne bascule pas en mode de pilotage automatique complet.
Amaury de Menonville : Exactement. Notre philosophie est claire : l'IA est là pour augmenter nos collaborateurs. Elle automatise des tâches répétitives ou à faible valeur ajoutée, permettant à nos équipes de se concentrer sur l'essentiel : l'esprit critique et l'interaction humaine.
Laurent Grassin : Là où ils apportent une vraie valeur ajoutée.
Amaury de Menonville : Oui. Et pour que cette transition soit inclusive, nous formons nos équipes grâce à nos 800 champions répartis dans les différentes entités.
Le deuxième point est la garantie d'une IA sûre et éthique. Notre charte impose des règles non négociables : protection des données, lutte contre les discriminations et les biais, et maintien d'une supervision humaine. Nous essayons aussi de tirer l'industrie vers le haut en étant membre fondateur de l'association européenne pour une IA de confiance.
Enfin, le troisième principe est d'avoir une IA responsable et utile à la société. Pour cela, nous déployons des systèmes les plus frugaux possible afin de réduire notre impact environnemental, et nous privilégions les sujets avec un impact concret, comme l'optimisation des consommations d'énergie ou la réduction des kilomètres parcourus par nos camions.
Laurent Grassin : Vous évoquiez cette association européenne. La souveraineté de l'IA est-elle également un sujet auquel vous êtes attentifs ?
Amaury de Menonville : Oui, c'est un sujet qui nous tient à cœur. Dans nos choix technologiques et nos solutions, nous y accordons une vigilance particulière.
Laurent Grassin : Nous avons fait un bon tour avec vous, Amaury, sur la façon dont l'IA irrigue déjà Air Liquide. La question qu'on peut se poser maintenant, c'est de savoir ce qui pourrait convaincre un investisseur individuel de vous rejoindre aujourd'hui dans cette aventure qui s'enrichit de l'IA. Amaury, vous voyez cela comme un puissant vecteur d'accélération pour le groupe ? C'est ce que je ressens en vous écoutant.
Amaury de Menonville : Oui. Pour les grands groupes industriels comme le nôtre, pour qui l'IA faisait déjà partie de l'ADN bien avant cette vague d'IA générative, cette technologie est ancrée dans notre culture et nos processus de décision. Nous voyons les nouvelles vagues d'IA générative comme un multiplicateur surpuissant des optimisations passées. Les bénéfices que l'IA générative va apporter sont tout à fait impressionnants, surtout pour une entreprise où la culture des données est déjà bien établie.
Laurent Grassin : Et pour vous, Anne-Sophie ?
Anne-Sophie Richard : Je dirais qu'il est d'autant plus important pour le groupe de prendre la vague de l'intelligence artificielle — via le volet industriel des semi-conducteurs — que nous devons aussi aller à la rencontre de nos nouveaux actionnaires. Nous avons des actionnaires fidèles sur plusieurs générations, mais nous voyons aussi une nouvelle vague de jeunes investisseurs arriver en bourse. Ils investissent en ETF ou sur d'autres supports. Prendre le tournant de l'IA, c'est leur montrer qu'Air Liquide est en quelque sorte un ETF à lui tout seul, et que nous représentons un choix gagnant sur le long terme.
Laurent Grassin : Un ETF à lui tout seul parce que vous irriguez énormément de secteurs différents.
Anne-Sophie Richard : Absolument. Nous couvrons tellement de secteurs d'activité et une telle variété de clients, et nous avons cette capacité à accompagner les transformations successives. On le voit aujourd'hui avec l'IA. Notre politique actionnariale et notre modèle d'affaires pérenne sont très attractifs pour les jeunes investisseurs qui misent sur le long terme. C'est un excellent placement pour eux.
Laurent Grassin : Ce sera le mot de la fin. Merci à tous les deux d'avoir si bien expliqué cette transformation IA en cours — qui ne date pas d'hier, merci Amaury de nous l'avoir rappelé — et cette politique actionnariale qui reste une des valeurs sûres d'Air Liquide. Merci beaucoup Anne-Sophie.
Anne-Sophie Richard : Merci Laurent.
Laurent Grassin : C'est fini pour cette première journée de BoursoLive, mais restez avec nous et revenez demain. Vous découvrirez un programme très riche de conférences tout au long de la journée autour de l'IA et de l'investissement. Merci beaucoup et à bientôt.
Nos intervenants sur le plateau :
- Anne-Sophie Richard, Directrice Relations Investisseurs Individuels
- Amaury de Menonville, Directeur AI Acceleration
Mené par le journaliste Laurent Grassin, cet échange croisé met en lumière la vision stratégique du Groupe pour transformer l'accélération technologique en performance concrète, tout en faisant le point sur la politique actionnariale unique d’Air Liquide.