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La mobilité hydrogène
dans le monde

Épisode 3 : France et Corée, les outsiders

En matière de mobilité hydrogène, la France se démarque par sa flotte de taxis parisiens, la première au monde. Le Plan Hydrogène de 2018 prévoit une conversion plus massive des véhicules légers individuels et des bus. Du côté de l’Asie, le gouvernement coréen a pour ambition de faire du pays un acteur de premier plan, avec plus de 500 stations hydrogène d’ici 2030.

France : la première flotte de taxis à hydrogène au monde

Contrairement aux pays les plus avancés en matière de mobilité hydrogène, la France n’a jamais mis en place de plans gouvernementaux nationaux de long terme. En 1990, un premier programme dédié à l’automobile voyait le jour à l’initiative des pouvoirs publics et de constructeurs. Entre 2013 et 2017 un autre programme « Horizon Hydrogen Energy » (H2E) coordonné par Air Liquide a contribué à faire émerger la filière. Depuis 2014, « Mobilité Hydrogène France » prévoit, par ailleurs, le développement synchronisé de véhicules et de stations. Il s’agit, en effet, dans un premier temps, de mettre en place des flottes captives, à l’image de Hype.

Lancée en 2015 à l’occasion de la COP21, par la start-up STEP en partenariat avec Air Liquide, Hype est une flotte de taxis à l’hydrogène exploitée à Paris et en Île-de-France. Elle est la première au monde et compte aujourd’hui plus de 100 véhicules qui s'appuient sur quatre stations. Afin d’accélérer son déploiement, Air Liquide, Idex, STEP, Toyota et Kouros ont investi dans HysetCo, première société d’actifs dédiée au développement de la mobilité hydrogène en région parisienne. Objectif : atteindre les 600 taxis pour fin 2020.

« Ce partenariat matérialise cette volonté commune d’agir ensemble pour un bénéfice collectif. L’accroissement de la flotte à 600 taxis contribuera à améliorer la qualité de l'air de notre capitale d'ici fin 2020. Avec ce grand projet, technologie rime avec écologie et nouvelle économie. Le tout, au service de la réinvention du taxi, un des grands métiers de la mobilité », commentait Pierre-Étienne Franc, Vice-président Hydrogène Energie d’Air Liquide à l’occasion du lancement en février 2019.

Pour aller plus loin que cette première flotte captive, la France a annoncé en 2018 ses nouvelles ambitions via son Plan de déploiement de l’hydrogène pour la transition énergétique : d’ici 2023, 500 véhicules légers, 200 véhicules lourds, 100 stations. Et d’ici 2028, 20 à 50 000 véhicules légers, 800 à 2 000 véhicules lourds et 400 à 1 000 stations. Un an après l’annonce du Plan, onze projets ont été sélectionnés pour mettre en œuvre ces ambitions et vont bénéficier d’un soutien financier. Ces projets portent sur la mise en place de flottes captives de véhicules à hydrogène : voitures, bus (avec notamment un « plan 1 000 bus »), utilitaires légers ou poids lourds, bennes à ordures ménagères. L’implantation de stations de distribution d'hydrogène et d’infrastructures de production de ce gaz dans les territoires rentre également dans l’équation.

Corée : un nouveau venu aux grandes ambitions

En janvier 2019, Moon Jae-in, Président de la Corée, réaffirmait les ambitions du pays en matière de mobilité hydrogène : 67 000 véhicules d’ici à 2022 et 820 000 en 2030. Une transition indispensable pour ce petit pays, le 5e plus grand consommateur d’énergie au monde mais dont plus de 95 % est importée. Au-delà de l’indépendance énergétique et de l’urgence de lutter contre les particules fines qui envahissent les villes, le Gouvernement entend développer une économie nouvelle. Celle-ci devrait permettre la création de 200 000 nouveaux emplois d’ici 2030. Il veut aussi que le pays devienne le leader mondial de la voiture à hydrogène.

Et les moyens financiers sont à la hauteur des ambitions. Le pays prévoit d’investir 2 Mds€ pour favoriser l’émergence de partenariats public-privé avec un objectif de 310 stations d’ici 2022 et 700 d’ici 2030. Air Liquide participe à la mise en place opérationnelle de ce plan avec l’installation de quatre nouvelles stations dans le pays. Le Gouvernement sait aussi séduire les consommateurs avec des aides très incitatives : l’État prend en charge la moitié du coût d’achat d’un véhicule hydrogène. Et le plein est gratuit (pour le moment).

Le constructeur Hyundai mise également beaucoup sur le véhicule à hydrogène, avec un plan d’investissement de 6 Md€ sur dix ans pour pouvoir produire 500 000 véhicules par an en 2030. Il a inauguré en 2018 une deuxième usine de fabrication de systèmes à pile à combustible. Sa production annuelle est de 3 000 unités. Il vise les 40 000 en 2022 et les 70 000 en 2030, soit plus que de véhicules produits. Objectif : commercialiser ses moteurs auprès d’autres constructeurs.

Les ambitions de la Corée sont également tournées vers les bus : un premier a été mis en circulation fin 2018 à Uslan et 1 000 le seront d’ici 2022 dans plusieurs villes du pays. Treize entreprises, dont Hyundai et Air Liquide, ont également constitué une société, HyNet, en vue d’établir 100 stations dédiées avant fin 2022.

Article publié le 27 septembre 2019