Projet SupraMarine : du laboratoire à l'océan, le voyage du Turbo-Brayton
Publié le 29 octobre 2025
3 minutes
Le raccordement des parcs éoliens offshore, situés toujours plus loin de nos côtes, est l'un des défis de la transition énergétique. Comment transporter cette électricité bas carbone sur de longues distances sans perte d'énergie ? Un consortium de partenaires industriels et universitaires français a relevé le défi avec un projet innovant : SupraMarine. Au cœur de ce projet se trouve la technologie propriétaire Turbo-Brayton d'Air Liquide.
L'objectif est de développer un système de transmission d'énergie utilisant la supraconductivité. L’un des défis de cette avancée technologique réside dans le froid extrême nécessaire au fonctionnement du système. C'est là qu'intervient l'expertise d'Air Liquide. La technologie Turbo-Brayton est née dans nos laboratoires près de Grenoble, en France. Elle a déjà voyagé dans l'espace, navigué sur les mers et s'apprête désormais à conquérir les plateformes offshore.
La genèse d'une innovation : de nos laboratoires à l'espace
L'histoire de notre technologie Turbo-Brayton commence au Campus Technologies d'Air Liquide à Sassenage, berceau des innovations deep tech de notre Groupe depuis plus de 60 ans. Développée par nos équipes, puis fabriquée dans nos ateliers, cette solution cryogénique peut se résumer très simplement : imaginez un réfrigérateur capable de générer un froid extrême.
Le Turbo-Brayton a d'abord trouvé son application dans l'environnement le plus exigeant qui soit : l'espace. Lors de missions spatiales, il a prouvé son efficacité en refroidissant des équipements critiques durant 50 ans de fonctionnement en orbite sans aucune défaillance. Ce succès initial a été la première étape d'un long parcours.
Une technologie éprouvée en mer et sur terre
Après avoir fait ses preuves dans l'espace, le Turbo-Brayton a trouvé un domaine d'application majeur en mer. À bord des méthaniers, il joue un rôle crucial dans la reliquéfaction du gaz naturel qui s'évapore pendant le transport (phénomène appelé « boil-off »). En refroidissant ces vapeurs, il évite le gaspillage, ce qui représente un gain environnemental et économique significatif. Avec plus de 200 unités vendues pour cette application, le Turbo-Brayton est devenu une référence dans le secteur maritime.
Sur terre, cette technologie s'est également imposée comme un élément clé dans la production de biométhane liquide. Elle permet de liquéfier le biométhane issu des déchets agricoles, le transformant en un combustible renouvelable facile à stocker et à transporter.
SupraMarine : à la conquête des océans
Aujourd'hui, le Turbo-Brayton se lance dans une nouvelle aventure. Le projet pilote SupraMarine vise à utiliser des câbles supraconducteurs à haute température (HTS) pour relier les parcs éoliens offshore. Ces câbles peuvent transporter d'énormes quantités d'électricité sans aucune résistance et presque sans perte. Cela exige une condition : ils doivent être maintenus à une température d'environ -200 °C à l'aide d'azote liquide très froid.
C'est là que notre Turbo-Brayton joue un rôle essentiel. Dans le cadre du consortium SupraMarine, Air Liquide fournira les installations cryogéniques qui constitueront le cœur du système, assurant le refroidissement constant indispensable à l'état supraconducteur des câbles.
De l'idée initiale dans nos laboratoires de Sassenage à sa future intégration dans l'océan, le parcours du Turbo-Brayton illustre parfaitement le modèle d'innovation d'Air Liquide : développer des technologies de pointe pour nos clients et les mettre au service des grands défis de la société, à commencer par la transition énergétique.